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Le XVIIIe au goût du jour ou l’influence du Siècle des Lumières sur la mode contemporaine. PDF Imprimer Envoyer
Dimanche 31 Juillet 2011 15:10

 

 

Du 8 juillet au 9 octobre 2011, le château de Versailles et le musée Galliera présentent, dans les appartements du Grand Trianon, une exposition consacrée à l’influence du Siècle des Lumières sur la mode contemporaine.

Vivienne Westwood, Karl Lagerfeld pour Chanel, Dior, Jean Paul Gaultier, Christian Lacroix, Olivier Theyskens pour Rochas, Martin Margiela, Azzedine Alaïa, Alexander McQueen pour Givenchy, Yohji Yamamoto, Thierry Mugler… tous ont revisité et fantasmé le XVIIIe siècle.

 

Les 56 robes de l'exposition  Le XVIIIème au goût du jour  à VersaillesMaison Martin Margiela, collection printemps-été 1991

Entre haute couture et prêt-à-porter, une cinquantaine de modèles de ces grands créateurs du XXe siècle dialoguent avec les costumes et accessoires du XVIIIe et racontent comment ce siècle est cité avec un intérêt constant.

 

Ces pièces proviennent des archives des maisons de couture et des collections de Galliera.

Maison Christian Dior

Ci-contre :
- Collection haute couture automne-hiver 2007-2008 : robe Doutz en Kroes inspirée par Fragonard ; robe en taffetas de soie rose changeant, voilée de tulle rose dragée. Collection maison Christian Dior.


- Collection haute couture printemps-été 2011 : robe en soie vert pâle brodée et tulle dégradé blanc ; tricot de corps long en jersey de viscose. Collection maison Christian Dior.

Photo par Julie Ansiau

 

 

 

 

 

 

 

 

Une fois encore l’équipe de Jean-Jacques Aillagon  réussit brillamment cette exposition et nous emporte dans un monde féérique à travers les salles du Grand Trianon. Bravo au Musée Galliera, musée de la mode de la ville de Paris qui a mis en scène ce face à face poétique entre les costumes du XVIIIe siècle et les chefs d’œuvres de la mode des XXe et XXIe siècle. Les pièces sont présentées astucieusement dans un face à face qui suggère un jeu de miroirs.

Les soieries du siècle des lumières répondent aux étoffes actuelles. Par exemple, deux robes bustiers des années 1950 de Christian Dior, l’une brodée de fleurs rouges, l’autre d’un semi crème regardent deux robes à la française dans les mêmes tons. Une autre salle est consacrée au « noir » chez Thierry Mugler ou Yohji Yamamoto.

Les gilets d’hommes inspirent à Jean-Paul Gauthier de longues vestes de la collection « Les Marquis touaregs » de l’été 1998. Les couleurs éclatent, jaunes, rouges, lamées sur des robes nées il ya plus de trois siècles.

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Robe du soir prêt-à-porter printemps/été 1996. Satin duchesse imprimé noir, bleu, rose, jaune, rouge, bordé de dentelle, tablier en tulle de soie. Collection “Les Femmes”. Collection Vivienne Westwood Ltd. © Marcio Madeira / Zeppelin.

Et Vivienne Westwood plonge avec délice dans ce monde de princesses et de reines. Elle signe pour la collection automne hiver 1995/96 une robe du soir en satin duchesse rose et bleu pâle inspirée du portrait de Madame de Pompadour par Boucher et pour l’édition du printemps 1996 une étonnante robe du soir très moderne tachée de gros points noirs, rouges et jaunes très inspirée par les belles dames de Versailles. La mode, la vie de Versailles son « Way of Life » comme le souligne encore J.J. Aillagon sont bien là et comme en témoigne cet événement, perdurent à travers les siècles.

Cette exposition tombe en pleine actualité en cette année de mariages de princesses. Nous sommes dans monde de contes de fées, pourtant bien réel. Emmenez vos enfants et en particulier vos petites filles qui ne rêvent que de belles robes. Et puis c’est aussi l’occasion d’aller découvrir ou redécouvrir le Grand Trianon qui est entièrement meublé et de se promener dans le parc du château.

 

 

Le Grand Trianon

 

A l’origine, un château de campagne très luxueux, le grand Trianon est destiné au plaisir et à la détente des souverains français qui y accueillent les dames. En 1670 Louis XIV ordonne à l’architecte Louis le Vau la construction d’un château en l’honneur de sa maîtresse la marquise de Montespan.

De style baroque, ce bâtiment est couvert de faïences bleues et blanches et baptisé le « Trianon de porcelaine ». En 1687 ce Trianon est rasé, remplacé par celui que nous connaissons édifié par Jules-Hardouin Mansart.

Ce palais à l’italienne s’étend sur un seul étage au milieu des jardins de Le Nôtre. Louis XV ne s’y installe qu’en 1749. A la fin du règne le Grand Trianon est déserté par le Roi au profit du Petit Trianon. Ce palais devient essentiellement la résidence des hôtes de l’Etat. En 1805 Napoléon reprend possession du palais et y loge lors de ses chasses. En 1809 après son divorce d’avec Joséphine qui garde Malmaison, il s’y installe avec Marie-Louise. Remeublé à neuf, le Grand Trianon retrouve son faste de l’Ancien Régime. Déserté sous la Restauration, Louis Philippe l’occupe à nouveau, puis il devient un musée. En 1966, le général De Gaulle inaugure le palais et en fait un lieu d’accueil pour les chefs d’état étrangers.

Françoise Chauvin

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